Biographie

 

 

Vanecha ROUDBARAKI

 

Artiste-peintre, internationale et cotée

Fondatrice de l'association Corps & Esprit MANI

Née en 1966 à Rasht, dans le nord de l'Iran, elle est installée en France depuis 1991, où elle a depuis participé à de nombreuses expositions, salons et musées à l'international.

Intitulé des nombreux prix, dont :

  2017 "Grand prix Paris" et Invitée d'Honneur de l'Académie européenne des Arts à Paris

 2017 Invitée d'honneur l'Association Franco-chinoise AFCEECE Paris

 2017 Spécial Prix d'Aran Art Gallery – Bruxelles (Belgique)

 2015 Prix international « Donna In ART » en tant qu'Invité d'Honneur de la ville de Messine (Italie)

 2014 Prix spécial de développement Wushu – Lanzhou (Chine)

 2014 Prix de la Paix en tant qu'Invitée d'Honneur du Biennale Internationale de Taormina (Italie)

 2011 Grand Prix de l'Émotion Siel de Paris – Drouot-Montaigne (France)

Ayant une formation scientifique (maîtrise en mathématiques en 1990), elle est consciente que l'art n'est pas une science exacte, mais un important moyen de communication et une des nécessités pour établir la paix dans la société.

 

Passionnée de recherche, ses nombreux voyages à l'étranger, et en particulier en Chine, ainsi que ses différentes rencontres lui ont permis de mieux connaître le Qi et son équivalent Djan dans la littérature persane. Elle décrit le Qi comme la « Quintessence de l'art ».

Passionnée par les arts martiaux, ceinture noire en Karaté, ayant les diplômes d’entraînement et d’arbitrage, c’est à travers les contacts avec le corps humain et les exercices des Arts Martiaux qu'elle découvre mieux l’énorme capacité interne des êtres humains. Elle continue donc ses recherches et elle développe ses cours personnalisés en Art et aussi en Karaté, afin de mieux développer le potentiel des enfants et des adolescents avec des ouvertures d'esprit qui les aide à apprendre et évoluer en sérénité et en équilibre.

Cours« L’Art et la tolérance »

Ce cours unique, avec des exercices inventés par l'artiste elle-même, a d'abord eu lieu pendant quelques années au Musée des cartes à jouer à Issy-les-Moulineaux (Paris), sous forme du stage. Pendant plusieurs années, de nombreux participants de tous âges et de tous niveaux ont bien apprécié ce stage atypique.

Les exercices sont inventés pour atteindre deux objectifs principaux : le premier est de chercher les potentiels artistiques et en particulier visuels des élèves et le second est de découvrir des ouvertures d'esprit sous forme de nouveaux points de vue chez les participants. Visualiser de nouveaux points de vue chez les individus peut augmenter la tolérance envers soi-même et son environnement. Cette ouverture est importante et nécessaire pour un artiste contemporain.

En 2018, elle écrit un programme de performances intitulé : Énergie, un message de paix, dans lequel elle participe. Pendant la performance, cette énergie qui n'est rien d'autre que le Qi, circule entre les artistes, musiciens peintres et martiaux, ainsi qu'entre les spectateurs. Vanecha ROUDBARAKI, quant à elle, réalise une œuvre. Le Qi est omniprésent, même quand il n'y a pas de mouvement.

A la question « A quelle nation appartenez-vous ? » elle répond : « L'Iran est mon pays natal, la France est mon pays adoptif et la Chine est mon pays professeur ».

Son œuvre a également été préfacée par Gérard Xuriguera et Jean-Luc Chalumeau ainsi que par d'autres critiques d'art dans le monde entier.

 

Vanecha Roudbaraki

 

La peinture, c’est bien entendu la combinaison de forme et de couleurs au service d’une technique et d’un concept englobant le contenant et le contenu.

Mais avant d’être une image ou son refus, c’est avant tout une présence. Et cette présence s’incarne chez Vanecha Roudbaraki dans les échos d’une mémoire douloureuse liée à son identité  iranienne, aussi ses compositions ne pouvaient se soustraire à véhémence implicite, innervée dans la trame malmenée de ses visions sylvestres et de ses surfaces parfois à la limite de l’abstraction. D’où une certain  ambigüité dans la structure de ses toiles, qui fait éclater le tissu narratif déjà réduit à l’essentiel, et le coule au sein de masse vaporeuses et remuée, agies par les assauts d’une gestualité fusante et tranchée.

Artiste de tempérament, guidée par une intuition qui lui permet d’associer les deux genres, car ils procèdent des mêmes procèdent des même poussées intérieures, elle ne se coupe pourtant jamais de la nature, qui stimule son imaginaire et s’apparie aux emballements contrôlés de sa palette éruptive. Néanmoins, si elle affiche sa prédilection pour les sites arides, les terres insoumises, les ciels tourmentés et les arbres décharnés, enveloppés d’une sourde luminosité fardée de lueurs blafardes, les configurations de plusieurs  silhouettes qui affleurent au sein de la pulvérulence de la matière, nous rappellent que l’homme a aussi sa place dans ces univers effervescents. Avec en surplomb le poids de la solitude et l’érosion du temps.

Sans flatterie ni grandiloquence, humble et disponible face a l’espace ouvert, ses échancrures, ses resserrements et ses ramifications, Vanecha Roudbaraki ne fait rien d’autre que rendre compte de ce qu’elle porte en son tréfonds, au large des arrangements favorables. Son œuvre, toutefois, ne délivre pas de message, mais témoigne de la plénitude de son engagement dans la peinture. Rugueuse et fortement ressentie, elle ne reproduit pas la vie, elle est la vie-même.

 

Gérard Xuriguera 

Mai 2011

 

 

 

 

VANECHA ROUDBARAKI, le dialogue des ténèbres et de la lumière

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D’origine iranienne, Vanecha Roudbaraki indique qu’elle s’interroge depuis toujours, par le moyen de sa peinture, sur « le rapport entre l’homme et la nature ». Elle pose ainsi rien moins que l’une des questions centrales de l’esthétique : l’œuvre d’art se rencontre nécessairement dans le monde des objets où se mêlent de manière inextricable le naturel et le culturel et, d’une manière générale, l’objet esthétique ne désavoue jamais la nature. Cette dernière, lorsqu’elle fait alliance avec l’art, garde son caractère de nature et le communique à l’art. Ou bien, disons que l’objet esthétique est nature en ce qu’il exprime la nature : non qu’il l’imite (Vanecha Roudbaraki n’imite en rien des cerisiers, par exemple, dans la toile de 2005 qui porte ce titre), mais parce qu’il s’y soumet. Or la conception de la nature à laquelle se soumet l’ art de Vanecha, particulièrement dans la série des Visions en 2008, correspond aux plus anciennes traditions de la pensée perse, antérieures même à Avicenne. Il s’agit du mazdéisme qui, joint aux sources religieuses iraniennes (zervânisme, mithriacisme, manichéisme), constitue la substance du dualisme iranien : Lumière et Ténèbres, qu’il faut distinguer du dualisme grec (Idée et Matière). Les Visions nous apparaissent bien comme des trouées de lumière qui ont engagé la lutte avec l’ombre environnante. Vanecha a choisi de vivre en Occident, sans nul doute a-t-elle regardé et assimilé les Fauves (Matisse et Derain dans leur jeunesse) ou Van Gogh, mais il y a autre chose dans sa peinture, qui lui appartient en propre comme il appartient à la tradition de l’art oriental (ishrâqî). De même qu’il y a une philosophie ishrâqî, pour laquelle connaître, c’est être muni de deux types de perception dont l’une a pour objet les images d’un monde suprasensible aussi réel que le monde sensible, de même il y a une peinture ishrâqî, une peinture de la lumière dont chacune des Visions de Vanecha donne une version possible.
Or pour exprimer la dualité fondamentale ombre-lumière, le peintre attentif à la fois au sensible et au suprasensible doit jouer avec un matériau spécifique : la couleur. Si bien que l’objet esthétique que nous appelons ici Vision nous apparaît d’abord comme l’irrésistible et magnifique présence du sensible tout en allant au-delà. Qu’est-donc, d’ailleurs, qu’une peinture, sinon un jeu de couleurs ? Si la couleur se ternissait ou s’effaçait, l’objet pictural serait anéanti. Un tableau de Vanecha est donc un objet-peinture exprimant la nature – une certaine nature. On pourrait appeler nature ici, en un sens voisin de la Erde de Heidegger, une présence massive qui nous fait presque violence : une nature « immense, impénétrable et fière » comme celle chantée par le Faust de Berlioz. Nous sommes évidemment infiniment loin du réalisme classique : Vanecha, dans des peintures apparemment abstraites, nous parle en fait du « il y a » selon Emmanuel Lévinas, qui évoque l’objet esthétique comme nous donnant l’expérience de la nudité du donné. « L’art, même le plus réaliste, communique ce caractère d’altérité aux objets représentés qui font cependant partie de notre monde ».
Or chez Vanecha aujourd’hui, nous n’avons plus vraiment d’objet représenté (jusqu’en 2007, nous lisions clairement des paysages) : seulement le il-y-a. Il n’y a désormais que l’ombre et la lumière à voir et méditer en tant que moyens d’accès à la connaissance de l’univers. Vanecha est peintre, mais aussi mathématicienne : elle sait qu’il existe une pureté mathématique dont l’équivalent ne saurait être traduit que par la pureté de la couleur. Chacune des Visions offre en effet des transitions colorées qui ne se mélangent pas aux noirs mais dialoguent avec eux pour tenter de dire l’inexprimable, c’est-à-dire l’étonnement toujours renouvelé de l’artiste devant la nature. Peu à peu, sans qu’elle le sache peut-être, voici Vanecha remontant aux sources les plus enfouies de sa culture, en l’occurence aux plus antiques traditions aryennes. Les Perses primitifs n’avaient-ils pas emprunté le culte du feu – symbolisé par le dieu Atar – et le rite du breuvage d’immortalité, le haoma correspondant au soma védique ? Le premier dieu national perse fut Ahura-Mazda, dieu des souverains achéménides, dont l’apparence était toute de lumière et de couleurs. Comme les Visions de Vanecha Roudbaraki.

Jean-Luc Chalumeau
Janvier 2009

 

 

 

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